samedi 19 janvier 2008

Ultime article?



Nous y voici, c'est la fin du semestre. Il a bien tardé celui-ci. Merci à notre spécialité française connue jusqu'à Singapour: la Grève. (Voir article Jingping's site). C'est le temps des bilans et des partielles en France comme à Tenerife.


J'ose espérer que ces quelques articles sur l'interculturalité ou la phonétique vous ont, soit rappelé des situations similaires, soit familiarisé et aidé à mieux comprendre certains de vos comportements ou ceux des autres lors de voyages.

Biensur, je n'ai pas la vocation de jouer l'arbitre ou de déclarer telle ou telle manière de vivre est mieux qu'une autre. Nous pouvons seulement remarquer que si nous sommes tous des êtres humains égaux, souvent nos valeurs ou nos attentes ne sont pas réellement les mêmes.


S'habituer aux règles de vie d'autrui n'est pas toujours facile. Tout récemment, nous cherchions, sans résultat, quel est le sujet phatique de conversation chez les Canariens. Dans mes montagnes, si la personne n'est pas du coin on embraye en général sur ... les montagnes. Mais ici... nous ne l'avons toujours pas trouvé et il en résulte assez souvent un genre de blanc latent qui débouche souvent sur les sorties du week-end passé. Hum hum, ça laisse un peu à désirer (opinion personnelle).Cependant, c'est peut-être le sujet phatique d'ici, tout comme le temps en Angleterre. Cela ne veut ni dire que mon interlocuteur est un raver fou alcoolique ni que les Anglais sont tous météorologues. C'est juste une manière de briser la glace.

Enfin, à travers ces quelques articles, je voulais surtout mettre en relief la vie de travailleur et étudiant expatrié avec les problèmes de culture, de compréhension (je ne parlais pas un mot d'Espagnol lorsque je suis arrivée) et de gestion du temps. J'en profite pour glisser un mot amer sur l'organisation de ce master.


J'aimerai pouvoir faire un vrai bilan de cette vie d'insulaire tel qu'il me l'a été demandé, cependant, il ne serait pas objectif au jour d'aujourd'hui.
En effet, l'intégration en culture étrangère se découpe en plusieurs phases:
1) Les 3 premiers mois, tout est beau et nouveau. C'est l'époque de la découverte.
2) Du mois 3 à 6, les grandes règles de culture ont été découvertes. Nous devons maintenant les appliquer dans un souci d'intégration. Cela implique certaines plaintes: "ils sont cons ces XXX, ça sert à quoi de faire ça? A la maison au moins, il y a ou il n' y a pas ça....."
3) Au delà de 6 mois, les règles comprises ou non sont appliquées. Je m'y suis fait ou pas. Dans le cas négatif, je rentre à la maison. Dans le cas positif, je peux vivre dans le pays et lentement m'imprégner de la compétence sociolinguistique dont j'ai besoin. Cependant, il me semble que c'est à ce moment que nous sommes le plus à même de faire un bilan objectif. Mais surtout pas avant.


Pour cette raison, je vous fais un petit article de conclusion mais ce ne sera pas la fin de mes mécompréhension. A la semaine prochaine...;-)

jeudi 17 janvier 2008

Jingping's Site


Jeunes gens,
Je viens de découvrir le blog d’un jeune Singapourien de 16 ans qui en décembre dernier a visité notre vieux continent lors d’un voyage de 10 jours. http://fishzard.multiply.com/

Son journal est très détaillé (je sais même quand il prend ses bains ;-) ) et permet de se donner une idée de l’image de la France et la Suisse telles qu’ils les a perçues. On remarque quelques passages extraordinaires où il donne des détails superbes.

Ainsi, de sa visite en Suisse, semblable à la Malaisie d’après lui, il ramène le souvenir d’une saucisse grillée qu’il décrit avec une précision obsédante, l’impression latente de fainéantise des Suisses car ils n’ouvrent pas leurs commerces ni après 17 heures ni le dimanche et enfin, la vision et le touché de la neige.

La France, de son coté n’est pas oubliée. Il note que tous les professeurs fument, que le vin n’est pas cher mais aussi que la nourriture n’est pas à son goût en général « food doesn’t suit us Asians ».

J’ai tout particulièrement aimé sa réaction face à l’accordéoniste qui pourrait être une star dans son pays alors qu’il joue dans la rue en Europe. Enfin deux dernières perles apparaissent lorsqu’il parle de l’appartement français tant désorganisé qu’il le prend en photo jusqu'à ce que la propriétaire le stoppe et lorsqu’il « visite » une manifestation (en photo sur son site d’ailleurs). Deux splendides stéréotypes du Français que j’ai entendu maintes fois…

Enfin, je vous recommande de lire ce site juste pour remarquer tous les détails qu’il donne qui nous semble, à nous Européens, tellement incongrus. Et ne vous arrêtez pas seulement à son voyage en Europe, il a aussi travaillé pour Carrefour dont il nous précise la prononciation ;-) et le mode de fonctionnement.

mercredi 16 janvier 2008

Histoire biaisée ?


Récemment assise dans mon groupe de discussion interculturel, nous avons abordé le thème du conflit Israélo-palestinien .A la table, différentes personnes de religions variées pratiquantes ou non et de pays d’origine multiples.
Autant dire que nous avons débouché sur une conversation plutôt mouvementée. Mais au delà des différentes idées, ce qui nous a le plus choqué, ce n’était pas les différents points de vue mais l’image avec laquelle le conflit était présenté dans chacun des pays.

Nous en sommes ainsi arrivé à parler de l’Histoire en générale telle quelle est présentée dans chacun de nos pays.

J’en ai noté quelques différences majeures entre l’enseignement (non spécialisé) de l’Histoire en France et celle d’autres pays.
-Napoléon n’est un grand homme qu’en France.
-Charles de Gaulle lui aussi possède une histoire moins brillante à l’étranger que celle que nous apprenons en cours.
-C’est aussi bizarre comment la colonisation n’est quasiment jamais apparue dans mes leçons. L’exemple qui m’a le plus choqué est certainement l’Algérie qui fut tout juste mentionnée, à mon souvenir sous le nom « événement ». Sans les nommés, certains ont eu des leçons, dirons-nous plus virulentes

Cette liste, bien sur, n’est pas exhaustive.

Cependant, j’aurai du avoir la puce à l’oreille bien plus tôt sur nos différences de perception de l’Histoire ou de la géopolitique

Rappelez-vous donc de ces différences d’opinion entre la France et l’Angleterre sur la guerre en Irak. A cette époque-là, je vivais chez nos amis britons et « ça cassait du Français dur-dur ». J’ai rarement été aussi perplexe face à une prise de décision : faut-il ou non s’impliquer dans la politique iranienne ?
Pourquoi tant d’hésitation me direz-vous. Simplement car à chaque fois que je regardais les nouvelles anglaises, j’étais sure qu’il fallait y aller. A contrario, à chaque fois que je visionnais les informations françaises, j’étais sure qu’il ne fallait PAS y aller. Le conflit était présenté de manière bien distincte dans les 2 pays !

Finalement, les medias,l’enseignement ainsi que notre culture participent fortement à notre perception du monde et à l’idée que nous nous faisons de sa géopolitique en créant un filtre au travers duquel nous voyons que certains faits et détails. Cela m’amène à une question : comment sont perçus les Européens en général ? Je vais tenter de me documenter pour vous ;-)

lundi 14 janvier 2008

Le sourire : un trait d’hypocrite ?

Une étude réalisée au Portugal vient de démontrer que trop sourire s’avère néfaste pour l’image des hommes politiques. En effet, plus ils sourient moins ils semblent honnête d’après les Portugais, il en résulterait une chute dans le taux de confiance.80% des Portugais qualifie ainsi ces sourires de feints.

L’échantillon de 2610 sujets âgés de 18 à 70 ans prouve aussi que ce n’est pas un fait nouveau : les anciens sont aussi négativement sensible au sourire exagéré.

On peut ainsi se demander ce qu’ils penseraient du « grin » californien.

Facebook et autres profils…


Un bordelais d’une trentaine d’année a récemment voulu démontrer la facilité avec laquelle nous pouvons usurper une identité sur le web. Il a ainsi crée le profile d´Alain Juppé et de Alain Rousset sous Facebook.

On peut se demander quelles pourraient être les conséquences d’un tel acte notamment sur l’image des 2 hommes si l’usurpateur était mal intentionné. Nous voici à la merci d’un buzz néfaste.

Finalement, nous ne savons donc jamais qui se cache réellement derrière un profil et il reste important, sans tomber dans la paranoïa, de le considérer sur ces genres de sites.

Les deux profils ont été rapidement supprimés par Facebook après que les 2 politiciens en aient fait la demande.

jeudi 13 décembre 2007

Cyberlover.ru


La drague virtuelle est-elle trop éprouvante?

Si vous pensez la réponse positive, un logiciel vient d’être créer pour vous : cyberlover. Il a été crée en Russie et n’officie pour l’instant que sur les chats russes cependant, ils prévoient une sortie mondial en Février, le lendemain de la St Valentin;-). Le programme qui vous permet de choisir votre profil de "romantic lover" à "sexual predator" permet d’établir jusqu'à 10 contacts en moins de 30 minutes pour lesquels il vous fera un rapport de toutes les informations glanées et avec des photos si possible. Sans aucun effort, vous voici le dragueur du siècle…

Mais au-delà de l’idée, le vrai problème reste éthique. En effet. Si le programme est aussi réaliste que les concepteurs l’affirment, on peut craindre des usurpations d’identités, ou l’utilisation à mauvais escients…

mercredi 12 décembre 2007

illusion auditive

Ce matin encore, test d’écoute en cours d’espagnol. Je n’y arrive jamais mais pourtant je comprends les gens quand je leur parle dans la rue. Pourquoi ? Est-ce un problème de perception ? Me manquerait-il des informations?

Regardez ce petit bout de film et écoutez donc.



Bizarre hein ? Petite explication ci-dessous, en Français. C'est aussi possible que cela n'est pas marché avec vous, tout le monde n'y est pas sensible.

L’effet McGurk est un effet de la perception audio-visuelle de la parole, qui a été décrit pour la première fois par H. McGurk et J. MacDonald (Nature, 1976). Cet effet consiste en une illusion perceptive lors de la présentation d’un stimulus audio-visuel dont les parties audio et visuelles ne correspondent pas l’une à l’autre.

Ils ont trouvé une catégorie perceptive intitulée « fusions » lors de la présentation combinée d’un stimulus audio /ka/ ou /ga/ et d’un stimulus visuel /pa/ ou /ba/. Pour cela un nombre significatif des sujets adultes perçoivent un phonème fusionné /ta/ ou /da/, alors qu’en condition audio seule la capacité d’identifier correctement les stimuli reste importante (plus que 90%). De plus, ils ont trouvé une catégorie perceptive « combination » pour une combinaison inverse des stimuli (audio /ka/ ou /ga/, visuel /pa/ ou /ga/).

McGurk et MacDonald ont conclu que la parole est l' objet d’une perception bimodale : le mode de l’articulation est perçu auditivement et le lieu visuellement. Cette première interprétation n’était pas confirmée par d’autres expériences. Sekiyama & Tohkura (1991) ont trouvé, que l’effet McGurk est contraint aux situations, où une confusion acoustique est très probable, comme c’est le cas pour les phonèmes /g/ et /d/.
L’importance de l’effet McGurk vient surtout du fait qu’il montre l’intégration des deux modalités audio et visuel au lieu d’un traitement séparé et isolé lors de la perception de la parole.

Mais comment fonctionne cette intégration audio-visuelle? Parmi plusieurs approches d’expliquer cet effet, la théorie motrice de la perception de la parole (TMPP, Liberman et al. (1967, 1985)) prend de plus en plus d’importance, surtout depuis la découverte des neurones miroirs dont l’existence donne des nouveaux indices soutenant la TMPP. Selon cette théorie, la perception de la parole est basée sur des connaissances et des expériences de la production de la parole en utilisant des programmes motrices (utilisé pour la production de la parole) pour reconstruire les gestes articulatoires qui peuvent faire émerger un stimulus aperçu. Ces schémas sont comparés avec la perception pour en déduire une perception finale. La TMPP propose donc, que tous les signaux de la parole soient transcodés en un code gestuel. Avec cette approche, la TMPP s’éloigne des théories perceptives basées uniquement sur les caractéristiques sonores et arrive à expliquer l’intégration des modalités différentes dans des cas de stimuli contradictoires.

Un autre modèle de la perception de la parole est le modèle «analysis-by-synthesis » développé par Stevens et Halle (1967). Ils proposent l’utilisation des informations sensorielles pour la création des hypothèses concernant l’énoncé d’un locuteur. Ces hypothèses sont basées sur la connaissance et l’expérience de l’auditeur et elles sont crées sans échange d’information avec le système moteur. Seulement dans le cas où ces hypothèses sont trop différentes des informations sensorielles, en cas d’ambiguïté par exemple, alors les informations sensorielles sont traitées à l’aide du système moteur. Cette théorie arrive aussi bien à expliquer l’effet McGurk que la perception multimodale en général.

Alors si, on considère la théorie de la TMPP ou "analysis-by-synthesis" , il est bien normal que je comprenne moins bien car la seule modalité dont je peux m’aider lors d’exercice audio est…l’audio.

mardi 11 décembre 2007

le culte du temps, de l'argent, des femmes et de l'absurde...

Je le reçois par email, exactement à l'instant. Je n'ai pas pu résister. Encore un gaspilleur de temps. Il faut apprendre à regarder ses emails à des heures fixes au lieu de dilapider son temps comme je viens de le faire:-(

Le culte du temps

« Le temps c’est de l’argent » dit-on et pourtant, il est plus précieux que l’argent (on dépense aujourd’hui des fortunes dans le Botox pour tenter de le garder) .De manière plus prosaïque et pragmatique, on ne peut ni l’économiser ni le capitaliser. Alors, qu’en fait-on ? On s’organise et pour cela faut-il encore savoir comment s’y prendre.

Apres avoir tapé « gestion du temps et management » sous un certain moteur de recherche que je ne citerai pas ;-), il n’y a pas de doute : c’est une question importante, tellement importante que le net fourmille d’offres de formation sur ce domaine.

La règle première semble être prévoir, hiérarchiser et planifier. Utilisons donc la méthode d’Eisenhower pour organiser l’ensemble des taches que nous avons prévus : Urgent et important, urgent et non important, important et non urgent et enfin non important et non urgent. Ces dernières taches, il faut les déléguer. De la vous pourrez en déduire vos priorités et planifier chacune des taches avec le temps nécessaire ou disponible. J.L. Muller co-auteur de « les stratégies du temps, halte à la tyrannie de l’horloge » préconise d’intégrer 30% d’imprévu par semaine…Dites donc, c’est presque 1/3 de votre temps !

Et bien ces 30%, aujourd’hui ils sont plus que remplis. Combien de fois avez-vous entendu dire que le dossier urgent était pour hier ? Souvent malheureusement.

Les nouvelles technologies nous pressent. Nous devons être joignable 24/24, jamais faire taire son téléphone portable et répondre à ses emails maintes fois par jour pour ne pas paraître … lent et non productif. Nous sommes entrée dans le culte de l’urgence. En réponse, j’aimerai citer Christophe Roux Dufort, professeur de management stratégique à l’EM de Lyon ‘il faudrait bien la vivre, mais personne n’est bien avec l’urgence’. Elle use ainsi les gens de manière exagérée. Pas pour autant, l’urgence doit être retirée du management, elle a un rôle important dans le processus de chalenge. L’urgence est même un type de management aujourd’hui : on donne des dates butoirs intenables pour travailler plus vite.

L’urgence peut être ainsi psychologique, entretenue par le management mais aussi réelle. Dans ce dernier cas, elle devient alors le symptôme d’une organisation déficiente. Lorsque le temps est subi, plutôt que maîtrisé, il crée des tensions et des insatisfactions. ‘J ai perdu mon temps’ est l’expression qui le traduit fort bien.

Afin d’appliquer cette règle première citée ci-dessus, il est primordial de prendre du recul sur la masse de travail à faire et prendre son temps pour s’organiser. Sans réflexion, l’organisation ne pourra être propre et donc à terme, être appliquée. Prenons donc notre temps pour nous organiser et sachons que se concentrer sur un seul dossier à la fois permet en règle générale de le finir plus rapidement. La quantité de temps amenée à un projet ne veut pas dire qu’il avancera si ce n’est pas un temps de qualité. On peut se demander d’autres part quand s’arrête et quand commence le temps de travail pour les professions où les taches passent par l’élaboration non matérielle , par la résolution de situation car dans ce cas ci, taper le dossier n’est pas la tache principale mais seulement une tache à déléguer.

Enfin , il faut se créer des systèmes qui permettent d’éviter les gaspilleurs de temps (ex répondre a ses emails toutes les 3 mins, répondre à son téléphone constamment qui non seulement utilisent du temps mais surtout influence la qualité de celui à proximité).

Toutes ses recommandations semblent tout à fait logiques et de bon conseil, mais elles ne donnent aucune réponse à ces questions.
Lorsque certaines les taches ont été planifié et réalisé dans les délais impartis et donc dans certaines conditions temps qui forcement influent sur la qualité du travail, quelle est l’utilité d’un délai supplémentaire lorsque la date butoire a déjà été atteinte ? Quelles sont les conséquences sur le travail, lui-même ? Sur les attentes de la direction ?sur la gestion du temps futur ? Car dans ce cas-là, délai supplémentaire rime avec tache supplémentaire. Peut-on utiliser ces 30% d’imprévu ?


Source l’entreprise, le journal du net management.